La joyeuse popote d'Antoine Loyer

Janvier. La neige tombe depuis ce matin, la journée est un flocon et je porte un pull blanc moi aussi. Dans la pièce, la musique flotte, les disques se succèdent, désespérément numériques, tristement virtuels. Le monde est fermé et soudain, ça me donne envie de musique du monde. Ce qui n'arrive jamais. D'ailleurs, à la place, je ne sais pas pourquoi, je remets le disque d'Antoine Loyer.




Mon dernier concert remonte au mois d'octobre et c'était au BRASS, à Bruxelles, Antoine présentait son petit dernier, "Sauce chien et la guitare au poireau". Drôle de titre qui ne s'embarrasse pas des standards, normal de la part d'un artiste venu d'un univers parallèle pour nous proposer d'entendre autrement notre propre langage.


La musique d'Antoine est une langue de Babel. Elle nait dans les bruits, dans les vibrations et les associations inattendues. Elle se façonne avec la matière fluide et irraisonnée du quotidien et de l'inconscient. Il ne faut pas essayer de comprendre une chanson d'Antoine Loyer. Ni tenter d'y construire un sens, un contexte, ni y transposer une vision du monde. La musique d'Antoine Loyer contient le monde car elle contient toutes ses rencontres.


Ce chemin-ci s'est fait avec Bégayer et Mégalodons malades. Et on ne sait pas trop ce qui s'y passe, sur ce disque sauf qu'on y mange, qu'on s'y délecte, et qu'on se sert avec les doigts. Les rires et l'affection se partagent les petits pois autour du couteau à beurre et on parle, et on chante, dans la veine impulsive et sans filtres des veillées joyeuses. Ce disque qui peut paraitre incompréhensible, déstabilisant ou obscur est avant tout un disque joyeux. Dont on sort nourris du partage et de la diversité que chérit sans doute l'homme qui grandit dans cet artiste.


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Crédits photos (arrière-plans) : Lara Herbinia

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