Le lendemain d'un beau jour



Le 21 septembre 2019 était un grand jour pour Matthieu Thonon. Artiste observateur, scrutateur de changements, c'est par un chaud soir d'équinoxe qu'il présentait son 2ème disque "Le silence des alouettes".


>> La rencontre d'après concert, c'est par ici <<


Le centre culturel Jacques Franck était plein de curieux, d'amis et d'enfants, à l'image d'un Matthieu qui arrive sur scène dans un habit de simplicité, de partage et de bonne humeur. Il nous prévient : les chansons seront tristes, voire catastrophistes. Et c'est normal puisque le monde est en train de "collapser" et que l'humain fait n'importe quoi. Mais bon, que ça ne nous empêche pas de passer une belle soirée, de tourner le malheur en dérision, et de prendre au passage une petite leçon d'accords diminués.


Parce que, aussi, Matthieu Thonon est compositeur. Il écrit tout, de la guimbarde au trombone, en passant par les rythmes de batterie. Des musiques illustratives, faites d'évocations et de ressentis. Pour l'occasion, les dessins de Pierre Lecrenier prenaient d'ailleurs le relais en images. Pourquoi se borner à illustrer le livret d'un disque quand on peut réaliser toute une bande dessinée ?


D'un bout à l'autre, la musique est belle, la technique imparable, les musiciens excellents. Le noyau - Nicolas Othmezouri (guitare), Daniel Vincke (basse) et Gaspard Sicx (batterie) - est vite entouré par la douce chanteuse berbère Fatoum et par deux cuivres élégants qui donnent à la fin du concert une petite allure de comédie musicale.


Beaucoup de sons, de lumière, un écran de fumée et beaucoup de paroles autour de cette sortie d'album. On pourrait manquer par moments des silences annoncés dans le titre. Un équilibre à trouver encore, entre le dire et le faire ? Tout équilibre est délicat, et fragile : si Matthieu écrit des chansons, c'est qu'il se sent partie d'un monde où citoyens, activistes et artistes sont peut-être les derniers résistants et remparts à l'aveuglement politique.


Ne soyons pas aveugles mais ne soyons pas défaitistes. A la fin du concert, la chanson "Elle est ronde" a le dernier mot. Déclaration d'amour à la vie, à toute la magie concentrée d'un ventre rond. Quoi qu'il arrive, ne cessons pas de croire aux beaux lendemains... qui chantent.



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Crédits photos (arrière-plans) : Lara Herbinia

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